La semaine prochaine, des centaines de personnes se presseront au Centre culturel canadien de Paris. La raison de cette affluence? La prsence de dlgation de l’91³ÉÈË prête à recevoir les candidatures des jeunes Français qui souhaitent venir tudier à 91³ÉÈË. Des rencontres comme celles-là se tiennent un peu partout en France et ailleurs dans le monde, pour l’UdeM tout comme pour les autres universits qubcoises.
L’engouement pour les tudes suprieures qubcoises n’est pas tonnantÌý: nous offrons des formations de premier plan, reconnues internationalement, et nous le faisons à un prix très comptitif.
Ces avantages sont vidents pour qui connaît un peu la situation de l’enseignement suprieur ailleurs dans le monde. Les tudiants trangers ne s’y trompent pas; ils s’inscrivent en grand nombre dans toutes les universits qubcoises. Aujourd’hui, sur le campus de l’91³ÉÈË, un tudiant sur dix vient de l’tranger. Et même la hausse des droits pour les tudiants français, dcide par le gouvernement, s’est traduite par un lger flchissement des inscriptions cette anne, la situation ne devrait pas changer sur le long terme.
La question, nanmoins, mrite d’être formule clairementÌý: pourquoi devons-nous continuer d’accueillir des tudiants trangers? Et quelles balises devrions-nous mettre en place pour que l’change soit quitable?
Le premier bnfice de cette importante prsence des tudiants trangers touche la vitalit de nos campus et la qualit de l’exprience que nous pouvons offrir à l’ensemble de nos tudiants. Les tudiants qubcois enrichissent leur vision du monde en se frottant aux tudiants qui nous viennent d’ailleurs. Et ils dveloppent des rseaux de collaboration et d’amiti qui les suivront leur vie durant.
Un deuxième aspect porte sur notre responsabilit à l’gard des tudiants des pays en voie de dveloppement. Pour ces tudiants, les perspectives d’tudes suprieures sont souvent limites. Plusieurs trouvent chez nous les formations de pointe qui leur permettront de contribuer puissamment au dveloppement de leur pays à leur retour.
Les tudiants qui ont pass quelques annes ici, au Qubec, et qui repartent vivre dans leur pays ou ailleurs demeurent des ambassadeurs du Qubec. Ce rseau de gens influents, bien forms et qui ont appris à connaître le Qubec, prend toute sa valeur lorsque vient le temps de mener des projets de recherche scientifique, de mettre sur pied des rseaux de collaboration culturelle ou de fonder des entreprises.
Enfin, plusieurs tudiants internationaux choisissent de s’tablir au Qubec. Les universits, on le sait, sont de formidables portes d’entre pour les immigrants. L’accueil qui leur a t fait dans les universits constitue un premier pas dans leur dmarche d’immigration, une immigration facilite par la formation, l’apprentissage du français et l’intgration ralise sur nos campus. Il serait d’ailleurs utile d’arrimer encore davantage nos politiques d’immigration avec nos règles sur l’accueil d’tudiants internationaux.
Tous ces bnfices sont rels pour notre socit comme pour les tudiants internationaux, bien que difficilement quantifiables.
Il y a un pas que nous ne devons toutefois pas franchir, et c’est celui qui nous mènerait à admettre dans nos universits un nombre toujours plus grand d’tudiants trangers pour pallier nos difficults financières.
En effet, les tudiants trangers – y compris, depuis cette anne, les tudiants français – paientÌý des droits de scolarit beaucoup plus levs que les tudiants qubcois. Alors que notre socit peine à financer adquatement son rseau universitaire, la tentation peut être forte de privilgier l’admission des tudiants trangers sur celle des tudiants d’ici.
Or, en procdant de la sorte, nous risquons de faire passer les raisons conomiques avant les raisons acadmiques. Ce qui n’est jamais une bonne approche.
Nos universits veulent accueillir des tudiants trangers. Mais elles veulent les accueillir pour de bonnes raisons et non pour des considrations purement budgtaires.ÌýLa qualit de la formation et de la recherche et la diversit de nos campus sont de bonnes raisons. L’intgration d’immigrants qualifis qui contribueront au dynamisme du Qubec est aussi une bonne raison.
S’en remettre aux tudiants trangers pour financer nos universits, c’est implicitement avouer que nous n’avons pas les moyens de nous payer le système universitaire que nous prtendons vouloir.
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Lettre ouverte parue dans