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Communications

Les jeunes et la science sous le prsident Trump

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L’lection de Donald Trump à la prsidence des ɳٲ¹³Ù²õ-±«²Ô¾±²õ est un vnement fracassant. Depuis, ils sont nombreux, aux ɳٲ¹³Ù²õ-±«²Ô¾±²õ et à travers le monde, à vouloir comprendre comment s’est joue la victoire du milliardaire et à essayer d’anticiper la suite des choses.

Les rsultats ont rvl une socit amricaine complexe, zbre par des divisions entremêles. Les femmes ont t plutôt dmocrates (54 %), les hommes plutôt rpublicains (53 %); les Blancs ont appuy Trump à 58 %, tandis que les Noirs, les Hispaniques et les Asiatiques lui ont tourn le dos. Les villes ont t dmocrates (59 %), tandis que les zones rurales ont t rpublicaines (62 %). Les dmocrates ont par ailleurs fait le plein des lecteurs les plus instruits…

Alors que M. Trump tente de se faire rassembleur, deux aspects en particulier retiennent mon attention comme dirigeant d’universit et citoyen d’un pays si intimement li aux ɳٲ¹³Ù²õ-±«²Ô¾±²õ.

La place des jeunes d’abord. Mme Clinton (69 ans) et M. Trump (70 ans) ayant le même âge, il tait acquis que le prochain prsident arriverait à la Maison Blanche presque 25 ans plus vieux  que Barack Obama au jour de sa première lection, en 2008. Quelle sera la capacit du nouveau prsident de relayer les espoirs de la jeunesse? L’âge n’est pas ncessairement un obstacle; Bernie Sanders, avec ses 75 ans, a su rejoindre les jeunes dans la course à l’investiture dmocrate. Mais à l’vidence, le prsident dsign n’a pas eu pareille porte. Alors que le taux de participation a t très faible, autour de 54 %, seulement 37 % des jeunes de 18 à 29 ans ayant exerc leur droit de vote ont appuy Donald Trump. Il y a là des ponts à rtablir.

Mon autre souci, tout aussi fondamental est la place de la science, des faits, j’oserais dire de la vrit dans le dbat politique. Bien sûr, le dbat politique et partisan n’est jamais neutre, il repose forcment sur une lecture « oriente » de la situation. Lors de la dernière campagne fdrale au Canada, MM. Trudeau et Harper avaient des discours contrasts, mais tous deux se tenaient à l’intrieur d’un cadre cohrent et relativement rigoureux.

La campagne amricaine nous a amens ailleurs. Tous les sites de validation des donnes, de « fact checking » (comme ou ) ont fait du candidat rpublicain un champion de l’affirmation fausse, bien que Mme Clinton n’ait pas t sans tache.  En fait, la vrit factuelle ou scientifique a t si malmene durant cette campagne qu’on parle de plus en plus d’ère « post-factuelle » ou « post-vrit ». Le phnomène est intimement li aux rseaux sociaux où n’importe quelle fausset peut être partage des milliers de fois et où de savants algorithmes maintiennent les usagers dans un univers conforme à leurs vues.

Il s’agit d’un glissement très inquitant, surtout à ce moment où nous avons besoin comme jamais de la science, de la recherche et de l’ducation pour relever des dfis aussi complexes que les changements climatiques.

On dit qu’une des plus grandes forces de la dmocratie, c’est qu’elle est le seul système qui peut s’auto-corriger et s’amliorer. Alors soyons attentifs à la qualit de la discussion dmocratique aux ɳٲ¹³Ù²õ-±«²Ô¾±²õ, mais aussi chez nous et ailleurs dans le monde. Les universits, tout spcialement, ne doivent pas hsiter à jouer leur rôle d’observateur de la socit, de promoteur de la science et de dfenseur des intrêts de la jeunesse.