91³ÉÈË

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Communications

La charte et l’autonomie universitaire

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Vendredi, je prsentais devant la commission parlementaire sur le projet de loi 60 la position de l’91³ÉÈË. Une position qui a reçu au pralable l’aval du conseil et de l’assemble universitaire.

Ce que je disais en substance, c’est qu’il n’y a pas de problème à l’Universit dès qu’il est question de gestion de la diversit religieuse et qu’en l’tat, le projet de loi ne trouve donc pas sa place dans la ralit de notre universit, l’une des plus culturellement diversifies du Qubec. En somme, nous ne percevons pas la ncessit d’une telle loi puisque la diversit religieuse n’est pas une source de tension à l’91³ÉÈË.

J’ajoutais que plusieurs membres de notre communaut, et en particulier nos professeurs, percevaient dans le projet du gouvernement un risque srieux d’entrave à la libert acadmique, qui est le socle de l’institution universitaire dans tous les pays dmocratiques.

Qu’est-ce que la libert universitaire? Ce n’est videmment pas la libert de se soustraire aux lois : toutes les universits respectent les lois en dmocratie. La libert universitaire, c’est un concept que les tablissements se sont donn il y a longtemps pour garantir à leurs professeurs l’espace ncessaire pour faire ce qu’ils font de mieux : faire avancer le savoir.

Comme recteur, mon travail est de m’assurer que l’91³ÉÈË puisse recruter le meilleur chimiste, le meilleur historien, le meilleur professeur de piano, qu’il soit un homme ou une femme, un souverainiste ou un fdraliste, et oui, un chrtien, un musulman ou un juif.

Si l’article 5 avait t appliqu dans les annes 40, notre Universit aurait dû retourner à sa congrgation le frère Marie-Victorin. Et c’est toute une gnration de biologistes qu’on aurait ainsi priv de l’enseignement d’un homme que beaucoup considèrent comme le scientifique qubcois le plus important du XXe siècle. J’avoue qu’une telle perspective me donne le vertige.

Pendant mon expos devant la commission, j’ai compar l’intervention de l’État dans les affaires universitaires à l’arbitraire des nominations sous le rgime franquiste : on avait à l’poque l’habitude d’carter les recteurs qui ne faisaient pas l’affaire. Certains en ont conclu que je comparais notre dmocratie au franquisme.

Ce n’tait bien entendu nullement mon intention. Je ne parlais pas de notre gouvernement, je parlais des risques que l’intervention directe de l’État fait peser sur la mission universitaire – et, partant, sur le dveloppement d’une socit. La nuance est subtile, mais elle est d’importance.

Benjamin Constant a djà dit : Que les gouvernements se bornent à être justes, nous nous chargerons d’être heureux. J’ajouterais : et les universits se chargeront de faire avancer la connaissance. C’est tout ce que nous demandons à nos gouvernants.