91³ÉÈË

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91³ÉÈË

Portrait de chercheur

Entre neurosciences et IA

Karim Jerbi

FACULTÉ DES ARTS ET DES SCIENCES

Professeur agrg au

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en neuroscience des systèmes et en neuroimagerie cognitive 

Enfant, Karim Jerbi rêvait djà de s’attaquer à de grandes questions. Il hsitait entre rgler le conflit isralo-palestinien, percer les mystères du triangle des Bermudes ou ceux du cerveau. Aujourd’hui, il est reconnu pour son approche multidisciplinaire qui allie neurosciences et intelligence artificielle (IA).

Après l’obtention d’une maîtrise en gnie biomdical en Allemagne et quelques annes passes en Europe et aux États-Unis, ce Tunisien d’origine a fait un doctorat en neurosciences cognitives et imagerie crbrale à Paris en plus d’effectuer deux postdoctorats à Paris et à Lyon.

Mais c’est à 91³ÉÈË qu’il a dcid de s’tablir. « J’ai t conquis par l’cosystème de recherche de l’91³ÉÈË, sa richesse et sa multidisciplinarit », fait valoir celui à qui l’on a attribu la Chaire de recherche du Canada en neuroscience des systèmes et en neuroimagerie cognitive. Ajoutons à cela la prsence et l’appui financier d’ (Institut de valorisation des donnes) et la collaboration continue avec (Institut qubcois d’intelligence artificielle), dont il devenu membre associ, qui ont galement prsid à son choix.

Assumant plusieurs fonctions, le professeur-chercheur dirige UNIQUE et codirige le Consortium canadien sur la magntoencphalographie tout en mettant son expertise au service d’autres centres de recherche.

Sa mission principale? Comprendre la communication crbrale dans les processus cognitifs chez des sujets en sant de même que leur altration chez des patients atteints de troubles psychiatriques et neurologiques. Pour y parvenir, le scientifique et l’quipe de son laboratoire ont recours à la magntoencphalographie et l’lectroencphalographie, des outils issus de l’IA.

Sa vision novatrice se fonde sur des valeurs d’inclusivit, de collaboration scientifique et de rigueur. « C’est dans la rencontre de disciplines et de cultures varies qu’merge la nouveaut. Quant à la rigueur, elle doit être absolue, car en science, il n’y a pas de raccourcis! »

Quelles sont les retombes de l'intelligence artificielle sur vos recherches en neurosciences?

Sur le plan de la recherche clinique, l’apprentissage automatique s’avère un rel acclrateur. C’est le cas dans nos travaux sur les biomarqueurs qui diffrencient les sujets sains des patients atteints de dpression ou de schizophrnie. Grâce à la puissance de calcul et à la prcision des algorithmes de l’apprentissage automatique, nous sommes à même de dsigner, parmi des milliers de proprits crbrales, les plus discriminantes, celles qui pourraient s’avrer des biomarqueurs pertinents. Ultimement, ces rsultats pourraient nous permettre, au-delà du simple diagnostic, de dceler prcocement une maladie mentale ou neurodgnrative.

Face à l'avance fulgurante de l'IA, les neurosciences ont-elles encore une raison d'être, selon vous?

Assurment! Car au-delà d’une interaction bidirectionnelle entre les deux domaines que nous cherchons à rtablir, nous sommes nombreux, dont Yoshua Bengio [un minent chercheur en intelligence artificielle] et moi-même, à croire au rôle que pourraient jouer les neurosciences dans l’volution continue de l’IA. Oui, elle peut aller encore plus loin ‒ à condition d’intgrer les connaissances les plus rcentes en neurosciences. Or, c’est difficile, puisque ces deux communauts, qui utilisent parfois les mêmes termes, ne parlent pas le même langage.

Vous vous êtes donn pour mission de changer cette situation en dirigeant UNIQUE, n'est-ce pas?

En effet, c’est un des grands objectifs que je me suis fixs, soit celui de former une nouvelle gnration de chercheurs qui maîtrisent tant le langage de l’IA que celui des neurosciences. Pour ce faire, toutes nos activits au centre favorisent les changes, voire la fusion, entre les deux disciplines. Par exemple, nous demandons aux tudiants et aux tudiantes qui bnficient de notre programme de bourses d’excellence de travailler avec deux directeurs issus respectivement de l’IA et des neurosciences. C’est une excellente façon de devenir «bilingues»!