Je suis n à 91³ÉÈË de parents d’origine libanaise. J’ai un handicap auditif depuis ma naissance, mais qui n’est pas gntique. Quand j’tais bb, ma mère avait remarqu que je ragissais à certains bruits et pas à d’autres, puisque je ne suis pas totalement sourd. À l’âge de sept mois, on m’a diagnostiqu une hypoacousie neurosensorielle. Ce sont mes neurones qui ne captent pas bien les sons.
Qu’est-ce qui t’a pouss à entreprendre des tudes de mdecine?
J’ai toujours aim aider les autres. Quand j’tais jeune, je voulais devenir professeur. J’ai grandi en passant beaucoup de temps en consultation chez des ORL [otorhinolaryngologistes] à cause de mon handicap auditif. Je fais aussi beaucoup de sport : je joue dans l’quipe nationale de handball du Canada. Je me suis souvent bless et j’ai t suivi par un physiothrapeute. C’est ce qui a t le dclic. Au cgep, j’avais les notes pour poursuivre des tudes de mdecine, alors je me suis dit pourquoi pas!
Qu’est-ce qui te permet de russir malgr ton handicap?
Je suis vraiment têtu! Quand j’ai quelque chose en tête, je vais jusqu’au bout. C’est une forme de rsilience. Lorsque je vis des difficults, par exemple si l’on me fait une remarque sur mon articulation, au lieu de le prendre mal, je travaille encore plus pour m’amliorer. Je suis parfois un peu trop ambitieux et j’ai tendance à m’en mettre beaucoup sur les paules. Mais je suis aussi très organis, ce qui me permet d’accomplir beaucoup de choses.
Quels sont tes dfis au quotidien?
Pour une personne qui n’a pas de problème d’audition, entendre ne demande aucun effort. Moi, ça me prend beaucoup d’nergie, même si je porte des appareils auditifs. Parfois, à l’hôpital ou en classe, mon cerveau n’est plus capable d’enregistrer l’information et je tombe dans la lune. En mdecine, il y a beaucoup de communications et d’apprentissages par les pairs. Il faut que je me place face aux gens pour pouvoir lire sur leurs lèvres et je n’ai pas toujours envie de leur dire de parler plus clairement. Si je ne suis pas concentr, je pourrais passer à côt d’informations importantes. Lorsque je rentre à la maison, je suis puis et je n’ai pas toujours l’nergie qu’il faut pour tudier. Mon autre dfi, c’est l’articulation. Quand je parle, je dois faire attention de bien prononcer les mots. Je sais que, à la seconde où j’arrête d’y penser, mon articulation prend le bord!
Comment l’UdeM a-t-elle contribu à ton intgration?
Il y a Lonie du [Soutien aux tudiants en situation de handicap], qui a toujours t là pour moi. Dès que je lui cris, elle me rpond rapidement pour me proposer des solutions à mes enjeux. La Facult de mdecine est aussi très comprhensive. Dans les cours magistraux, une personne prend des notes pour moi. Pendant la pandmie, un plus petit groupe a t cr afin qu’on soit assez distancs pour ne pas porter de masque. Quand je ne comprenais pas ce que le professeur disait, cette personne me le rptait en lecture labiale. Ça m’a vraiment aid à suivre le cours.
Quel conseil donnerais-tu aux personnes en situation de handicap nouvellement inscrites à l’UdeM?
C’est correct de se sentir dpass au dbut et moins bon que les autres. Ce qui est important, c’est la manière de ragir à cette impression. Peu importe le handicap, il y a toujours moyen de s’amliorer. Le but, ce n’est pas d’être meilleur que les autres, mais de se dpasser soi-même.
