Depuis quelques jours, la rforme de l’immigration propose par le gouvernement du Qubec fait les manchettes et j’ai joint ma voix à celles et ceux, nombreux, qui estiment qu’elle nuira au dveloppement social et conomique du Qubec. J’ai invit le gouvernement, respectueusement, à reconsidrer l’ide même d’une liste ferme de programmes de formation pouvant mener à un certificat de slection du Qubec parce que je suis convaincu que les diplôms de nos universits, peu importe leur champ d’tudes, ont leur place dans le march du travail.
Le mythe du « chômeur instruit » demeure tenace et il peut être tentant de croire qu’une maîtrise en littrature mdivale ou un doctorat en informatique ne conduisent pas à des emplois qualifis. Pourtant, les diplôms de toutes les filières ont une chose en commun : ils sont polyvalents, s’expriment avec clart et peuvent exposer de nouvelles ides, lancer de nouvelles entreprises, voire donner naissance à de nouveaux secteurs entiers de l’conomie. Imaginer un diplôm universitaire cantonn à vie dans une trajectoire prdtermine par sa formation initiale est une vision tonnamment rductrice de la ralit.
Les trajectoires de vie de nos diplôms sont plurielles. Le parcours des personnes qui choisissent le Qubec comme lieu d’tudes et de vie ne se rsume pas à leur apport conomique. Les formations universitaires ouvrent de nouveaux horizons. Une politique publique tourne vers la russite des parcours d’immigration et le dveloppement du Qubec doit ncessairement prendre en compte ces aspects fondamentaux de l’exprience humaine.
Mes interventions publiques des derniers jours m’ont valu plusieurs messages d’encouragement et quelques tmoignages très personnels qui m’ont touch en plein cœur. Celui, notamment, d’un employ d’Hydro-Qubec arriv de France avec sa conjointe il y a 37 ans pour entreprendre un doctorat en gosciences à notre universit. « L’accueil de l’UdeM, l’attention des professeurs, la douceur de la vie quotidienne, le milieu naturel, tout nous sduisait, jeune couple que nous tions. » Ils se sont tablis au Qubec, y ont fond une famille et leurs enfants sont aujourd’hui des professionnels accomplis : neurologue, microbiologiste et entrepreneuse.
Le doctorat en gosciences ne figure pas dans la liste des programmes qui sont jugs pertinents pour le march de l’emploi… Pourtant, comment pourrait-on considrer que ces gens n’ont pas contribu à l’conomie du Qubec? Et plus largement, comment pourrait-on concevoir un parcours d’immigration plus russi que celui-là ?
Nos diplôms, nos professeurs, nos tudiants concourent à faire du Qubec ce qu’il est aujourd’hui, un coin d’Amrique prospère et fier. Ne nous privons pas des talents de tous ceux et celles qui rêvent de suivre la même voie.