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Universit de ѴDzԳٰ

Communications

Sous-financement universitaire : les preuves

L’enseignement universitaire est un enjeu crucial pour l’avenir du Qubec. Un enjeu dont, bien trangement, aucun parti ne parlait vraiment dans la campagne lectorale avant que mes collègues recteurs des autres universits et moi-même ayons, par mdias interposs , saisi les chefs des diffrents partis politiques de la question du financement de nos tablissements. Nous avons demand aux chefs des partis de s’engager à accorder d’ici 2020 aux universits qubcoises un financement quivalent à la moyenne canadienne, quelles que soient les sources de revenus.

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L’enseignement universitaire est un enjeu crucial pour l’avenir du Qubec. Un enjeu dont, bien trangement, aucun parti ne parlait vraiment dans la campagne lectorale avant que mes collègues recteurs des autres universits et moi-même ayons, par mdias interposs[1], saisi les chefs des diffrents partis politiques de la question du financement de nos tablissements. Nous avons demand aux chefs des partis de s’engager à accorder d’ici 2020 aux universits qubcoises un financement quivalent à la moyenne canadienne, quelles que soient les sources de revenus.

Cette semaine, le chef du Parti libral contestait «». Il n’est pas nouveau que les dirigeants politiques mettent en doute les donnes sur lesquels les recteurs se fondent pour diagnostiquer le sous-financement de leurs tablissements. C’est d’ailleurs pour cette raison que la situation n’est pas corrige, 15 ans après les premiers signaux d’alerte. Je vais donc prendre le temps d’exposer les nombreuses sources qui confirment l’cart de financement entre nos universits et celles des autres provinces.

  1. Première tude: celle de la dfunte . C’est aussi la plus srieuse sur le plan mthodologique, car elle s’appuie sur le nombre d’tudiants DzԻ, c’est-à-dire que l’tude tient compte du profil disciplinaire des tudiants: la formation d’un tudiant en mdecine coûtant plus cher que celle d’un tudiant en administration, il est important de considrer le nombre d’tudiants dans chaque programme. Selon la CRÉPUQ, le revenu moyen par tudiant est infrieur de 4090 $ au Qubec par rapport aux autres provinces. Total du sous-financement: 850 millions de dollars – avant les compressions de 125 M$ exiges des universits qubcoises depuis 2012.
  2. L’intervention des recteurs dans la campagne lectorale se fondait sur deux sources: l’Association canadienne du personnel administratif universitaire pour les ressources financières et Statistique Canada pour le nombre d’tudiants ramen en quivalent temps complet. En 2011, nos universits disposaient de 5000 $ de moins par tudiant. Dit autrement, il faudrait augmenter les budgets de nos universits de 50 % pour atteindre la moyenne canadienne.

    Revenu moyen par tudiant, par province, pour l'ensemble des universits canadiennes, 2011-2012Les deux premières valuations sont bel et bien l’œuvre des recteurs. Mais comme il semble que mes collègues et moi ne soyons pas des sources fiables d’information, alors je vais citer dans les trois prochains points des sources indpendantes.

  3. Chaque anne, le magazine Macleans publie un numro complet consacr aux universits canadiennes. Ce palmarès fournit une foule de donnes et la lecture en est prouvante pour les recteurs qubcois, car nos universits font mauvaise figure selon la majorit des indicateurs retenus par Macleans. C’est le cas en particulier du financement par tudiant. Sur les 15 universités canadiennes avec faculté de médecine, les quatre dernières de la liste sont, comme par hasard, quatre universités québécoises : dans l’ordre, McGill, nous, Sherbrooke et Laval. Entre l’Université de la Saskatchewan, qui dépense en un an 15 444 $ par étudiant, et l’Université de Montréal, qui en dépense 9 871 $, il y a un écart de 5573 $!

     

    1

    Saskatchewan

    15444 $

    2

    Alberta

    14855 $

    3

    Calgary

    14221 $

    4

    UBC

    14139 $

    5

    Manitoba

    13996 $

    6

    Toronto

    13662 $

    7

    Dalhousie

    13632 $

    8

    McMaster

    12708 $

    9

    Western

    11964 $

    10

    ϳܱ’s

    11829 $

    11

    Ottawa

    11492 $

    12

    McGill

    10747 $

    13

    ѴDzԳٰ

    9871 $

    14

    Sherbrooke

    9216 $

    15

    Laval

    9166 $

     

  4. Les 15 plus importantes universits du Canada, dont McGill, Laval et l’UdeM, forment un groupe, le U15, qui se partage des donnes. Ces donnes permettent aux gestionnaires de mieux situer leurs tablissements respectifs sur la base d’une dizaine d’indicateurs et de prendre des dcisions claires pour prioriser certains dossiers, comme la diplomation, le nombre d’tudiants par professeur ou encore la superficie des campus. Selon le dernier rapport du U15, l’UdeM disposait en moyenne de 6250 $ de moins par tudiant que ses comparables. L’cart est plus grand qu’au point 1 et 2 pour une raison toute simple: l’UdeM se distingue par le volume de ses activits de recherche; or, ce volet est systmatiquement sous-valu dans la grille de financement gouvernemental, ce qui fait que nous souffrons davantage du sous-financement. Les donnes du U15 sont confidentielles mais il me fera plaisir de les partager avec les chefs des partis.

  5. Dernière source: le Conseil des universits de l’Ontario. En 2012, l’organisme a produit un rapport pour dmontrer le sous-financement des universits ontariennes. Devinez-quoi: ce sont les universits qubcoises qui ont remport la palme du manque de ressources. Allez à la page 3 du : vous verrez que le Qubec dpense 1000 $ de moins par tudiant qu’ailleurs au pays. Je cite cette tude avec moult prcautions, car elle ne tient compte que des revenus de source gouvernementale et de droits de scolarit. Or, une universit comme celle de Toronto dispose d’un fonds de dotation de plusieurs milliards de dollars, ce qui lui assure des revenus d’appoint qui lui permettent d’arrondir ses fins de mois.

    De 1000$ à 6250$ d’cart par tudiant, vous me direz que la marge d’erreur – pour parler comme les sondeurs – est grande et que c’est la preuve de la faillibilit des donnes. À cet argument, je rpondrai deux choses. La première, c’est que, quelle que soit la source retenue, nos universits figurent comme les parents pauvres de l’enseignement suprieur au pays: on est forc de conclure qu’il y a un problème financement au Qubec. La deuxième chose, c’est qu’il n’est pas normal que ce soit les recteurs qui produisent de telles donnes. Un gouvernement, quel qu’il soit, devrait être en mesure d’avoir l’heure juste sur l’tat compar du financement des tablissements d’enseignement suprieur.

    Le 8 avril au matin, je demanderai donc au parti au pouvoir de collaborer avec les universits pour tablir une base consensuelle de comparaison avec le reste du Canada sur cette question. En revanche, je demanderai à nos dirigeants de s’engager à prendre les dcisions qui s’imposent une fois que le diagnostic prcis de l’tat du financement universitaire aura t tabli, de manière à ce que nos universits aient les ressources requises pour former la relève de demain dans tous les secteurs d’activits qui forment une socit prospère.


file:///C:/Users/cremerj/AppData/Local/Microsoft/Windows/Temporary%20Internet%20Files/Content.Outlook/MXFG5F6W/carnet%20du%20recteur_sous-financement_v4.docx#_ftnref1[1] À ceux qui s’inquiètent du coût de cette opration publicitaire, je tiens à prciser qu’elle a coût moins de 30000$, soit 27 798,93 $ pour être exact, un coût partag par les quinze tablissements signataires.