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Communications

Modulation : partie remise

Pour une ide qui, en 50 ans, n’a jamais t vraiment dbattue, on a beaucoup parl de modulation des droits de scolarit hier au sommet. Ce scnario, que j’ai dfendu au cours des dernières annes, a finalement t rejet. Le gouvernement a fait son lit et privilgie plutôt une indexation à 3 %. Même si, selon un sondage CROP – La Presse d’hier, 62 % de la population se dit favorable à une diffrenciation de la contribution tudiante selon les disciplines assortie d’une modulation du soutien financier aux tudiants qui en ont vraiment besoin.

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Pour une ide qui, en 50 ans, n’a jamais t vraiment dbattue, on a beaucoup parl de modulation des droits de scolarit hier au sommet. Ce scnario, que j’ai dfendu au cours des dernières annes, a finalement t rejet. Le gouvernement a fait son lit et privilgie plutôt une indexation à 3 %. Même si, selon un sondage CROP – La Presse d’hier, 62 % de la population se dit favorable à une diffrenciation de la contribution tudiante selon les disciplines assortie d’une modulation du soutien financier aux tudiants qui en ont vraiment besoin.

Pour moi, ce n’est que partie remise. Lorsque le Qubec voudra vraiment rgler la question du sous-financement de ses universits, il lui faudra passer entre autres par une modulation des droits. Parce que nous sommes le seul État à ne pas l’adopter en Amrique du Nord. Mais aussi et surtout parce que c’est le plus quitable socialement.

Dans une rcente, Michel Poitevin, directeur de notre Dpartement de sciences conomiques, montre que l’tudiant retire 60 % de tous les bnfices de l’ducation. Les 40 % restants vont à la socit. Pour chaque dollar qu’un tudiant verse en droits de scolarit, il en rcolte 11, anne après anne, une fois sur le march de l’emploi.

Certains estiment que la fiscalit devrait se charger de rcuprer les sommes ncessaires au financement de l’enseignement suprieur. Mais outre le fait que les Qubcois sont djà les contribuables les plus taxs en Amrique du Nord, l’impôt ne règle pas le problème. Le gouvernement ne peut pas hausser les impôts maintenant pour les personnes qui ont reçu leur formation il y a dix, vingt ou même quarante ans : ce serait faire payer les tudiants du pass pour l’ducation des tudiants de demain. Et il ne peut videmment pas imposer maintenant les tudiants. Sinon par la modulation, qui est une forme d’impôt progressif aux futurs privilgis de notre socit.

Sans surprise, ma proposition a fait l’objet d’un tir group de la part des associations, des syndicats et même du rseau des universits du Qubec. Pour certains de ces groupes, la modulation favoriserait indûment les universits avec une facult de mdecine. Or, il m’est toujours apparu vident que cette approche devrait s’accompagner d’une rvision à la hausse de la pondration des secteurs qui ne profiteraient pas de la modulation. En d’autres termes, le financement public de disciplines comme la sociologie ou les sciences de l’ducation devrait être bonifi, plus ou moins en proportion du rehaussement du financement priv des disciplines comme mdecine et droit.

L’objectif, c’est qu’en bout de ligne, il y ait plus d’argent dans TOUT le système. Et notre système en a grand besoin. La solution retenue par le gouvernement ne comble en rien l’cart qui nous spare du reste du pays. Un cart qui, quoi qu’on dise, se chiffrera l’an prochain à plus d’un milliard, une fois prises en compte les compressions de 250 M$.