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Communications

Des universits en rcession

Pendant la campagne lectorale du printemps dernier, les recteurs et principaux d’universits qubcoises avaient fait paraître dans les pages de ce journal un encart dplorant le peu de place accord à l’enseignement suprieur dans le dbat. Nous avions rappel par la même occasion que les universits des autres provinces disposent en moyenne de 15 800 $ par anne pour former un tudiant, alors qu’au Qubec, les universits doivent se contenter de 10 850 $ pour accomplir la même mission. Un cart de 30 %!

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¶Ù²¹²Ô²õÌý: Financement, Carnet

Pour ce billet, vous avez l’embarras du choix. Vous pouvez lire la lettre d’opinion que je signe aujourd’hui dans La Presse. Ou vous pouvez couter l’ que j’ai accorde ce matin à Paul Arcand sur les ondes du 98,5 FM.

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Pendant la campagne lectorale du printemps dernier, les recteurs et principaux d’universits qubcoises avaient fait paraître dans les pages de ce journal un encart dplorant le peu de place accord à l’enseignement suprieur dans le dbat. Nous avions rappel par la même occasion que les universits des autres provinces disposent en moyenne de 15Ìý800 $ par anne pour former un tudiant, alors qu’au Qubec, les universits doivent se contenter de 10Ìý850 $ pour accomplir la même mission. Un cart de 30 %!

Il faut croire que la tendance se maintient. Le gouvernement vient en effet d’annoncer de nouvelles coupes dans le rseau universitaire. Au total, la subvention verse aux tablissements universitaires sera rduite de 10 %. En chiffre absolu, les universits recevront cette anne moins d’argent de Qubec que l’anne prcdente. Une première en plus de 15 ans !

Les conomistes vous diront que techniquement, une rcession se caractrise par une croissance ngative de l’conomie pendant deux trimestres. Nos universits, dont les activits s’tendent sur trois trimestres, seront donc en rcession cette anne.

Le plus inquitant, c’est que cette diminution nette du financement public ne survient pas en contexte de dcroissance de nos activits. Au contraire, elle se fait malgr une hausse attendue de l’effectif tudiant, malgr l’inflation des coûts de système, malgr un engouement rel pour l’enseignement suprieur, malgr des besoins croissants de travailleurs qualifis dans le secteur public et priv.

Rduire les dpenses, surtout lorsque tout nous pousse à la croissance, n’est jamais agrable. L’État nous demande de souscrire à l’atteinte du dficit zro et il est normal que les universits, comme tous les tablissements publics et parapublics, participent à l’effort de rtablissement des finances publiques.

Mais cette approche ne va pas sans risque pour notre socit. Le Qubec commence à peine à se remettre de la cure minceur impose au rseau de la sant par le gouvernement du Qubec à la fin des annes 90. Voulons-nous vraiment, collectivement, rpter des erreurs du même genre?

En ducation comme en culture, il faut des dcennies avant de pouvoir observer les fissures sociales provoques par le manque de ressources. Rien n’y paraît vraiment au dbut. On commence par rduire l’achat de livres – nos bibliothèques universitaires pourraient donner des conseils aux commissions scolaires sur l’art de rduire leur budget d’acquisitions –, puis on supprime des services de soutien à la russite, enfin, on revoit à la baisse l’offre de programme. Et le jour où on touche aux programmes, on touche au cœur de la mission universitaire.

Abolir un poste d’historien de la littrature ou de chercheur en nanotechnologie ne fera pleurer personne. Et pourtant, à chaque fois qu’une socit renonce à embaucher un professeur, elle renonce aussi à exposer des milliers tudiants aux enseignements de ceÌý professeur pendant sa carrière. C’est toute la biodiversit du savoir qu’on sacrifie.

Avant, nos universits taient sous-finances en comparaison des tablissements des autres provinces. Maintenant, elles sont sous-finances en comparaison des besoins de la socit et des attentes que les Qubcois placent Ìýen elles. Et je ne suis pas certain que ce soit vraiment moins grave.