91³ÉÈË

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Portrait de chercheur

Malik Chaker-Margot

Biologie structurale et posie molculaire

Malik Chaker-Margot

FACULTÉ DE MÉDECINE

Professeur adjoint au

« Chaque molcule du vivant a sa propre fonction, sa propre beaut. C’est de la posie en action! » lance Malik Chaker-Margot. La spcialit de ce chercheur en biologie structurale? La signalisation cellulaire. Grâce à la microscopie lectronique, il observe avec une incroyable prcision les protines, acides ribonucliques (ARN) et autres composants qui interviennent dans le comportement des cellules. Il s’meut que cette « machinerie cellulaire » s’apparente à des mcanismes que l’être humain a mis des siècles à perfectionner. « Jocelyn Forget, mon professeur de biologie cellulaire, disait qu’on n’a rien invent : tout se trouve djà dans la nature! » rsume-t-il.

Titulaire d’un doctorat de l’Universit Rockefeller, à New York, et après un postdoctorat termin depuis peu au Biozentrum de l’Universit de Bâle, en Suisse, Malik Chaker-Margot est de retour à l’91³ÉÈË, où il enseigne aux côts de ses anciens professeurs. Il cherche notamment à rvler la vie secrète de deux types de molcules : les petites GTPases et les ARN longs non codants. « Mon travail est de visualiser leur structure, d’essayer de comprendre leur fonctionnement et, ventuellement, les drèglements cellulaires qu’elles entraînent lorsqu’elles sont altres ou surexprimes. Plusieurs cancers sont causs par la mutation d’une protine de signalisation », prcise-t-il.

Malik Chaker-Margot ne cherche pas que la beaut dans ces molcules, il espère aussi trouver des cls pour soigner la maladie. « La biologie structurale peut contribuer à l’laboration de nouveaux traitements, bien qu’il s’agisse de recherche fondamentale. En fournissant des informations sur la structure des protines ou les ARN qui causent le cancer, on facilite la cration de molcules qui pourront les cibler », soutient-il. Une cause qui lui tient particulièrement à cœur, puisqu’il y a plusieurs cas de cancer dans sa famille. « Je crois fermement que la curiosit scientifique peut mener à des dcouvertes qui amlioreront la socit », dclare le professeur-chercheur. Et tant mieux si cette curiosit est avive par la posie!

Pourquoi vous intressez-vous aux petites GTPases et aux ARN longs non codants?

Les petites GTPases s’apparentent à de petits interrupteurs molculaires qui permettent diffrents processus cellulaires. Elles dictent la manière dont les cellules se divisent et bougent, et sont notamment lies à l’apparition de cancers et à la formation de mtastases. Mes recherches portent surtout sur les protines qui les rgulent. Elles sont absolument fascinantes parce qu’elles encodent et transmettent les signaux d’autres molcules et adaptent leur activit intrinsèque en fonction de ceux-ci. C’est incroyable qu’un polymère d’acide amin puisse faire un travail aussi compliqu.

Quant aux ARN longs non codants, pendant longtemps, on a pens qu’il s’agissait d’ARN non fonctionnels. Finalement, ils semblent avoir un rôle dans la rgulation du comportement cellulaire. J’essaie de comprendre leur fonction en les produisant, en les purifiant et en caractrisant leur structure et les interactions qu’ils peuvent avoir avec d’autres composants cellulaires.

Qu’est-ce qui vous rend le plus fier?

Mes recherches postdoctorales portaient sur un syndrome congnital appel neurofibromatose de type 1 et qui est caus par la mutation d’une protine. J’ai eu le plaisir de faire une prsentation à une confrence sur la neurofibromatose. Par la suite, plusieurs mdecins m’ont crit pour me dire que mes recherches permettaient d’entrevoir une nouvelle façon de cibler la maladie. C’tait la première fois que je mesurais l’influence que je pouvais avoir en tant que scientifique sur la socit.