91³ÉÈË

Passer au contenu

91³ÉÈË

Portrait de chercheur

Annie Pullen Sansfaçon

Au secours des jeunes personnes trans

Annie Pullen Sansfaçon

FACULTÉ DES ARTS ET DES SCIENCES - ÉCOLE DE TRAVAIL SOCIAL

Professeure titulaire ‒

Titulaire de la

Quatre personnes transgenres sur dix feront une tentative de suicide. Plusieurs d’entre elles seront victimes de violences physiques relies directement à leur condition. « Ces actes sont invariablement la manifestation d'une stigmatisation et de prjugs profondment enracins, d'une haine irrationnelle et d'une forme de violence sexiste, motivs par l'intention de punir ceux qui sont considrs comme dfiant les normes de genre », selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

Ces chiffres et ces faits alarmants, Annie Pullen Sansfaçon ne les connaît que trop bien. Depuis plusieurs annes, elle essaie de mieux comprendre les expriences d’oppression et de rsistance des enfants et jeunes personnes trans et leur famille. « Dès le dbut de ma carrière, je me suis intresse aux approches antioppressives et à l’thique », dit celle qui est galement chercheuse associe à l'cole de travail social de l'Universit de Stellenbosch, en Afrique du Sud. Elle applique son savoir à la mise en œuvre des meilleures pratiques pour soutenir les jeunes personnes trans et leur famille. « Quand un enfant transitionne, toute la famille transitionne. Le parent peut aussi vivre de la discrimination », indique-t-elle. Sensibilise à la cause, elle a cofond l’organisme pancanadien Jeunes identits cratives, qui offre de l’aide aux parents et aux enfants.

Très active en recherche, Annie Pullen Sansfaçon veut faire avancer les connaissances dans ce champ d’tudes encore peu explor. Elle a particip à la cration de Sam, le premier jouet transgenre. Elle s’est aussi associe à des chercheurs et chercheuses dans d’autres pays pour une collecte de donnes internationale qui, une fois mene à terme, apportera des rponses à des questions importantes. « Des jeunes de sept pays, qui arrivent à la pubert, ont t recruts. Nous les verrons à quatre reprises pendant trois ans. La première entrevue est familiale. Dès la deuxième anne, nous les rencontrerons sparment », explique-t-elle.

Vous avez un doctorat en thique et travail social de l’Universit De Montfort, en Angleterre. Qu’est-ce qui vous a amene à tudier les enjeux sociaux?

Je suis membre de la nation huronne-wendate de Wendake, au nord de la ville de Qubec. Ma mère est wendate, mon père qubcois. Pendant mes tudes universitaires, je travaillais dans un groupe d’action sociale au comptoir alimentaire de Wendake, qui existe encore. J’ai eu la chance extraordinaire de bnficier du soutien du conseil de la nation huronne-wendate, qui a des programmes pour encourager la persvrance scolaire et la russite. En 1998, j’ai donc pu poursuivre mes tudes à l’Universit De Montfort en action sociale.

Pourquoi vous êtes-vous intresse à la question des enfants trans, sujet à première vue loin de votre champ d’tudes universitaire?

Il y a une quinzaine d’annes, quelqu’un près de moi a commenc à s’affirmer comme personne trans. À l’poque, il n’existait pas beaucoup de ressources, ni pour les enfants ni pour les parents. De plus, c’tait encore trait comme une anormalit, une dficience qu’il fallait corriger. Toute la recherche tait mene en ce sens. Pourtant, la diversit des genres existe depuis des siècles. Avec une collègue de l’Universit Concordia, elle aussi personnellement concerne, j’ai voulu proposer une nouvelle façon de considrer l’identit de genre, en commençant une recherche sur les enfants trans selon une perspective non pathologique.

On peut suivre en consultant les articles et la revue de presse qui paraissent sur UdeMNouvelles.